Les Gosses de la Rue

Parlons-en

Les sales gosses, oui !

Tel fut le cri unanime des musiciens aquitains, adeptes du jazz manouche, lorsqu’en 2004, apparut ce juvénile quintet constitué de cinq godelureaux imberbes dont trois venaient de Paris, circonstance aggravante s’il en est. Leur succès fut instantané, ce qui eût pour effet d’irriter davantage les « gardiens du temple ».

– « Patience », se dirent-ils, « attendons que le public, aujourd’hui attendri par leur fougue désordonnée et leurs visages poupins, se lasse et ils seront engloutis dans les ténèbres de l’oubli. Ha, ha, ha, ha, ha (rire démoniaque) ». Hélas, les voici trentenaires et leur bonne fortune les précède toujours. Non contents de s’être imposés comme une des références du style manouche, ils ont puisé dans les musiques de l’Est une vigueur nouvelle. A en juger par l’ébouriffante virtuosité et la maîtrise parfaite déployées dans ce nouvel opus, on est en droit de se poser la question… Mais où s’arrêteront-ils ? B.B.